« Main dans la main pour l’humanité ».

Voici un très beau slogan, traduit du turc, repris dans un texte de Sophie GAUTHIER sur le site : http://ovipot.hypotheses.org/7413. Il mérite qu’on aille y voir plus loin.
Il est relatif aux olympiades de langue turque dont la première a eu lieu en 2003 (62 étudiants et 17 nationalités). Cette année (1/3 juin 2012) elles ont regroupé 1 500 étudiants, venus de 135 pays différents, sur 65 scènes installées à travers le pays. C’est une réussite pour la diffusion de la langue turque, 600 000 visiteurs étant attendus.

Comment une telle croissance a-t-elle été possible?
La diffusion de la langue c’est faite, depuis 1990, grâce à un réseau d’écoles financées par des entrepreneurs proches du mouvement de l’imam-prêcheur, Fethullah Gülen (hoca efendi). Il s’agit d’investissements stratégiques pratiquant une socialisation par l’Islam tel qu’interprétée par Fethullah Gülen qui est mise en œuvre à travers l’enseignement d’une éthique et l’organisation d’activités extrascolaires. Ces écoles, à la gestion opaque, travaillent, dans 140 pays, directement à la construction d’un réseau de solidarité favorable à la Turquie à l’échelle internationale.
Son mouvement qualifié de «néo-confrérie» (Bertrand Badie), est fort d’un réseau social qui s’étend désormais dans le monde entier (sauf en Russie). Il comprend une chaîne de télévision (Salmanyolu TV), un quotidien (Zaman, régulièrement traduit, mais non commenté, par VAN), une fondation intellectuelle (Gazeteciler ve Yazarlar Vakfi – Fondation des Journalistes et Ecrivains), un syndicat patronal (TUSKON), une association humanitaire (KIMSE YOK MU). D’après Daniel Etter (New York Times, 24/04/2012), son mouvement, en Turquie, s’est infiltré dans la police et la justice et constitue une force politique (plutôt occulte), majeure. Les USA commencent à s’en méfier et certains états ont limité le nombre d’enseignants venant de Turquie.

Dans quel but ?
On en trouve la réponse en 1999 dans une vidéo dans laquelle F. Gülen appelait ses fidèles à la patience en leur recommandant de « remonter dans les artères du système sans que personne ne s’aperçoive de votre existence jusqu’à ce que vous atteigniez tous les centres du pouvoir, jusqu’à ce que les conditions soient réunies ».
Sur son site officiel on peut aussi lire « La puissance d’une nation est directement proportionnelle à la puissance et à la richesse de sa langue et de sa pensée». Compte tenu du nationalisme exacerbé que porte, actuellement au moins, la langue turque il faut s’interroger pour le futur.
Pour en finir, sachez (1), que Fethullah Gülen, a été élu comme penseur le plus influent de l’année par le magazine «Foreign Policy», en juin 2008 ; (2) un établissement scolaire de sa mouvance a été ouvert à la rentrée 2009, en banlieue parisienne à Villeneuve-Saint-Georges (POURQUOI ?) ; (3) le mouvement s’implante désormais dans 40 pays d’Afrique sub-saharienne.

N’avons-nous pas ouvert en France, une boîte de pandore ? Où allons-nous de ce pas ?

G. Bossière 11 juin 2012

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